Neocaridina Davidi – Généralités

Les Neocaridina Davidi ex. Heteropoda sont les crevettes naines les plus faciles à maintenir, tout en proposant des couleurs variées qui pourront satisfaire tous les goûts.


Neocaridina davidi basique
Neocaridina Davidi Basique

Fiche récapitulative :

 Origine : Eaux de montagne, Chine du Sud-Est / Japon / Taïwan / Corée.

Biotope : Eaux de montagne, faible courant, fonds rocheux et végétation dense.

Maintenance : Bac de 10L minimum, planté, nombreuses cachettes, nourriture variée.

Paramètres :

        • pH : 6,5 à 8
        • Température : 16 à 25°C
        • Dureté : 2 à 7° KH, 5 à 15° GH

Sommaire :

  1.  Description de l’espèce
  2. Origine des neocaridina davidi
  3. Biotope d’origine
  4. Maintenance des crevettes
    • Volume de l’aquarium
    • Fond
    • Plantes et décors
    • Changements d’eau
    • Nourriture
  5. Paramètres de l’eau
    • Qualité de l’eau
    • pH
    • Température
    • Dureté
  6. Reproduction
  7. Liens externes

Description

Crevette naine d’en moyenne 2,5 cm de long, la Neocaridina Davidi ex. Heteropoda peut avoir de nombreuses couleurs différentes. A l’origine, les couleurs principales étaient marron à vert, grise, avec ou sans motif, mais généralement non uniformes. On retrouve souvent une bande de couleur plus claire sur la longueur postérieure de la carapace, bien que ce ne soit pas un signe distinctif de l’espèce.

La sélection humaine a produit des couleurs éclatantes et variées, allant de différents rouges, au vert, en passant par le jaune et le marron presque noir. Les crevettes non sélectionnées sont dites « basiques ».

Neocaridina heteropoda var yellow
Neocaridina davidi var. yellow

Les femelles sont plus grandes que les mâles. La principale différence morphologique se situe au niveau de l’abdomen : la femelle portant ses oeufs entre ses pléopodes, l’abdomen inférieur est de forme arrondie, tandis qu’il est bien droit chez les mâles.

Les crevettes possèdent un exosquelette, ou carapace, qu’elles vont quitter lors des phases de croissance : il s’agit de la mue. Lorsqu’une crevette vient de muer, elle est extrêmement fragile puisque son corps « mou » n’est plus protégé, et va donc chercher à se cacher.

Plus la crevette va muer, plus elle va grandir, mais également vieillir. Une crevette muant trop souvent mourra prématurément.

La mue intervient souvent après un changement d’eau. C’est notamment vrai s’il est réalisé alors qu’il va pleuvoir ou qu’il pleut à  l’extérieur : les crevettes sont en effet sensibles aux changements de pression climatique.

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Origine

La crevette Neocaridina Davidi est principalement originaire du sud-est de la Chine, mais également de Taïwan, de Corée et du Japon. Elle est aujourd’hui présente à Hawaï, suite à son introduction par l’homme. Les différentes espèces de crevettes naines sont parfois très difficiles à différencier les unes des autres pour les scientifiques, et la différence ne peut parfois se faire qu’au microscope. C’est pourquoi la Neocaridina Davidi a été rebaptisée plusieurs fois, et récemment sous le nom complet de Neocaridina davidi Bouvier, 1904par Werner Klotz et Andreas Karge. Elle était connue précédemment sous le nom de Neocaridina denticulata sinensis puis à partir de 2002 comme Neocaridina heteropoda.

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Biotope

On trouve cette crevette dans les lacs ainsi que dans les petites et moyennes rivières asiatiques, principalement en montagne. Elle apprécie particulièrement les fonds rocheux et bien plantés.

Contrairement à une idée reçue, la Neocaridina Davidi n’est donc pas issue d’un milieu tropical, mais tempéré. La température de l’eau dans son biotope naturel peut descendre à 0°C en hiver, mais monte rarement au dessus de 25°C en été. Lors de la période froide, les crevettes ont une activité très réduite, on constate notamment un arrêt de la reproduction jusqu’au retour des températures plus clémentes.

Cette espèce est très prolifique, résistante et s’adapte facilement à un nouvel environnement. Elle a été introduite par l’homme dans plusieurs milieux (Hawaï notamment), où elle a pu s’implanter, parfois au détriment d’espèces natives qui disparaissent progressivement. Les crevettes peuvent également apporter des maladies et des parasites contre lesquels les espèces natives ne peuvent se défendre. C’est pourquoi il ne faut jamais relâcher ces animaux dans les eaux naturelles (lac, étang, rivière, fleuve…), notamment en Europe dont le climat correspond à celui d’origine.

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Maintenance

Les paramètres de l’eau sont, bien sûr, un point important. Il faut penser à tester son eau de conduite avant de se lancer dans la mise en place d’un aquarium si vous penser utiliser l’eau du robinet, pour vérifier que les paramètres sont corrects.

Volume de l’aquarium

Le volume du bac importe peu, en théorie : 10L, 20L, ou plus conviennent bien à ces petits invertébrés. Mais la qualité de l’eau est primordiale, et plus le volume de l’aquarium est faible, plus l’équilibre physico-chimique sera difficile à atteindre et à maintenir (pH constant, dureté de l’eau, température). C’est un facteur de risque réellement important pour un premier aquarium, sans expérience précédente : mieux vaut un bac de 50L.

Fond

Le fond de l’aquarium sera recouvert de 2 à 5 cm de gravier, qui sera inlassablement fouillé par les crevettes. Un gravier clair se salira plus rapidement, et aura tendance à stresser les crevettes. Un fond foncé, au contraire, permettra de mettre les animaux en confiance, et -comme cela a été constaté par nombre d’éleveurs et aquariophiles – de renforcer leurs couleurs également.

Plantes et décors

Un minimum de plantes sont à prévoir, à choisir en fonction de vos goûts, mais surtout en fonction de l’éclairage et d’un éventuel apport en CO2. Certaines plantes sont exigeantes et ne survivront pas sans une lumière assez forte ni CO2. Les crevettes profiteront de ce décor naturel pour se cacher (pendant leur mue notamment) et pour se nourrir. Les mousses restent une plante de choix, faciles à maintenir, peu exigeantes, et idéales pour les crevettes et leurs juvéniles qui y trouveront un infusoire naturel de micro-organismes.

D’autres cachettes peuvent être aménagées pour un meilleur confort de vos crevettes : bois, roches, tubes en argile, tessons de pot en argile (non vernie)… Plus les crevettes pourront se cacher, plus elles se sentiront en sécurité, et plus elles se promèneront librement dans l’aquarium. Une crevette stressée aura tendance à rester cachée où elle peut.

Changements d’eau

Une fois par semaine, la mise à niveau doit s’effectuer avec de l’eau osmosée (eau pure) pour combler l’évaporation.

Pour les changements d’eau, il vaut mieux privilégier de petits changements réguliers (10 à 20%) une fois par semaine que de gros changements espacés. Le remplissage doit s’effectuer lentement, en mince filet, afin d’éviter les chocs osmotiques (variation brutale des paramètres physico-chimiques et de la température). Il faut penser à réserver de l’eau du robinet deux jours avant le changement d’eau, afin que le chlore puisse s’évaporer.

Nourriture

Les Neocaridina Davidi sont omnivores. Elles se nourrissent de plantes et de leurs débris, de cadavres et de micro-organismes.

Pour le régime « herbivore », les crevettes se nourrissent des débris végétaux, des micro-algues, et parfois de certaines plantes. On pourra leur apporter des végétaux sous la forme d’ortie séchée, d’épinard, de courgette, etc. Les légumes, frais, sont à pocher avant introduction (les faire bouillir quelques minutes), et il faut éviter la peau de ces aliments (qui peut contenir des pesticides, insecticides, etc.). Il ne faut pas laisser la nourriture fraîche plus de quelques heures, afin d’éviter la pollution du bac.

La spiruline, qui est une cyanobactérie, peut être donnée comme complément végétal. Riche en minéraux et en vitamines, elle doit être également soigneusement dosée. Ne l’utilisant pas personnellement, je ne peux donner plus de détail.

Pour la partie du régime « carnivore », il est possible de donner des petits morceaux de chair de poisson (cuite) ou de crustacés (cuits également). La nourriture congelée pour poisson convient très bien également. Attention, l’alimentation carnée doit être donnée en très petites quantités : il faut que tout soit consommé, afin d’éviter un pic de nitrites quelques jours plus tard. Aspirer les restes est un excellent moyen d’éviter la pollution. Les crevettes Neocaridina Davidi ne sont pourtant pas les plus friandes de ce régime. Il faut tester dans l’aquarium, et ne pas insister si les animaux ne touchent pas les aliments.

La nourriture spéciale invertébrés / crevettes, voire la nourriture pour poissons de fond (pastilles qui coulent au fond du bac), sont des aliments idéaux, puisque composés d’ingrédients variés et adaptés.

Un complément minéral spécial crevettes, à donner une à deux fois par semaine sous forme d’aliment ou de poudre à dissoudre dans l’eau aidera vos crustacés à la fabrication de leur exosquelette, c’est donc un atout non négligeable.

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Paramètres de l’eau

En cherchant un peu sur le Net, on remarque très vite que tous les sites ne donnent pas les mêmes informations sur les paramètres de maintenance des crevettes. Même en recherchant les données sur le biotope naturel, impossible de trouver une information précise : le biotope est vaste, comme nous l’avons vu plus haut, et les Neocaridina Davidi sont très adaptables et résistantes, d’où l’absence de paramètres clairement définis.

Neocaridina davidi var. red cherry
Neocaridina davidi var. red cherry
Qualité de l’eau

De nombreux éleveurs ne conseillent qu’une chose pour la maintenance des crevettes : une qualité d’eau irréprochable. Les aquariophiles débutants, et notamment les crevettophiles, ont tendance à cibler au « point » près les paramètres, mais un pH un peu élevé ou inversement, une dureté légèrement différente de celle qui est recommandée, ne vont pas tuer vos crevettes. Mais une eau riche en nitrites, ou avec un taux de nitrates très élevé, ou encore contenant des métaux (cuivre surtout) sera fatale à vos animaux.

Les points à surveiller particulièrement :

- Les nitrites et le cuivre : il s’agit de poison mortel pour les crevettes, le cuivre doit être évité absolument.

- Le chlore : penser à préparer des bidons (en plastique alimentaire) d’eau de conduite 2 jours minimum avant vos changements d’eau ou avant la mise en place d’un nouveau bac. Pendant ces 2 jours, une partie du chlore va s’évaporer. L’autre partie prendrait entre une et deux semaines, et est moins toxique.

- Les nitrates : bien que résistantes, les crevettes s’affaibliront en 2 ou 3 jours si le taux est trop élevé (> 12mg / L).

pH

On sait que ces crevettes vivent très bien dans un milieu légèrement acide à légèrement basique : le pH peut être compris entre 6,5 et 8. Seules les variétés ayant été énormément sélectionnées (comme les Black Sakura, par exemple), et dont le patrimoine génétique a été affaibli (résistance amoindrie notamment) peuvent nécessiter une eau légèrement acide (6.5 / 7) car ce pH semble renforcer le système immunitaire des crevettes.

Température

Concernant la température, les Neocaridina Davidi sont également très souples : on parle de 16 à 25°C. En théorie, inutile d’ajouter un chauffage dans votre bac, puisqu’il est rare que les habitations soient en dessous de 18° (attention cependant en cas d’absence pendant l’hiver). Cependant, le chauffage est utile dans deux cas : en cas d’absence pendant l’hiver (où votre maison ou appartement ne serait pas chauffé(e)), et en cas de grosse différence de température entre la nuit et le jour pendant l’été (il faut en effet éviter les grosses et brutales variations de température).

Dureté

Les crevettes étant originaires d’eaux de montagnes, l’eau doit être douce. On essaiera de maintenir l’eau entre 2 et 7° KH.

La dureté totale (GH) est idéale entre 5 et 15°.

Les crevettes ont besoin de minéraux pour leur exosquelette, mais la nourriture sera leur principale source, même si la dureté carbonatée et la dureté totale sont faibles.

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Reproduction

Les Neocaridina Davidi sont très prolifiques dans les bonnes conditions.

Neocaridina heteropoda
Neocaridina davidi var. red cherry graînée

Comme nous l’avons vu, à l’état sauvage, la reproduction s’effectue lors du réchauffement des eaux après  l’hiver. En aquarium, une température comprise autour de 24° sera idéale, notamment après une coupure du chauffage d’un mois ou deux pour simuler la période de « froid » (on maintiendra idéalement une température de 18° minimum).

La reproduction s’effectue après la mue de la femelle, qui peut alors être fécondée. Elle transfert alors 20 à 30 œufs depuis la poche ovarienne située à l’arrière du céphalo-thorax, vers ses pléopodes sous l’abdomen. On dit alors que la femelle est « graînée ».

Les œufs sont alors bien visibles, leur couleur dépend de la variété. La femelle va s’en occuper pendant 3 à 4 semaines, en les bougeant, les aérant (en bougeant les pléopodes), et en triant les œufs morts.

A noter qu’une jeune femelle produira souvent moins d’œufs qu’une plus âgée.

A l’éclosion, les juvéniles ne font que 2 à 3 millimètres, et sont déjà complètement formés (crevettes miniatures) et autonomes. Il faudra éviter les prédateurs et privilégier des cachettes dans le bac.

En muant successivement, les juvéniles atteindront leur maturité au bout de 2 à 3 mois.

Liens

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